Genèse et intentions

Gru est un collectif fondé en 2016 par 8 jeunes membres maintenant diplômés de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes. Réunis par nos études et nos amitiés, nous étions désireux de pratiquer l’architecture de manière concrète avec l’idée que le projet allait plus loin que ce que l’on nous apprenait à l’école.

Aujourd’hui nous nous rassemblons afin de mener à bien des projets en architecture, design, scénographie, de la conception à la fabrication. Influencés par nos imaginaires, nos voyages et nos pratiques, nous appliquons nos savoir-faire avec la volonté d’expérimenter autour des matériaux, des formes et des usages. L’énergie commune développée au sein du collectif nous permet de tester, de nous engager et de partager des projets en s’enrichissant des nouvelles cultures et pratiques rencontrées.

L’exercice en collectif nous permet de pratiquer le projet de manière engagée et expérimentale, en mettant à disposition nos compétences aussi bien à des particuliers, qu’à des associations ou des collectifs de citoyens avec lesquels nous construisons de manière collaborative et partageons nos connaissances. Ce choix nous amène également à développer des outils de travail coopératifs, à mutualiser nos aptitudes à travers nos spécialisations respectives. Du design à la scénographie, de la maîtrise d’oeuvre à la fabrication numérique, de la recherche à la technique, de l’architecture au paysage, chaque membre du collectif développe par ses expériences personnelles une pratique qui nous permet d’élargir notre champ d’action en tant qu’architectes en devenir. C’est par la mise en tension de nos singularités qu’émergent les projets collectifs.

Situation d’une pratique : bureau, terrain et atelier

Pour les membres du collectif, la pratique de l’architecture et du design est indissociable de l’acte de construire et se fait dans un aller-retour constant entre bureau et établi. Gru dispose d’un atelier pour mettre en pratique ses idées et explorer les chemins qui mènent d’un projet fictif à une réalité construite. C’est un espace dans lequel le prototypage et la préfabrication sont possible, en amont de la phase chantier qui est un moment important de concrétisation, de partage, au cours duquel le projet continue à évoluer in situ. 

En tant qu’architectes en devenir et praticiens de la maîtrise d’oeuvre, il nous apparaît essentiel de valoriser le travail artisanal, de le comprendre et d’être capable de communiquer avec ceux qui construisent. Pratiquer la construction à l’échelle 1 nous permet d’appréhender les façons de faire et de nous les approprier en imaginant des solutions techniques et matérielles nouvelles et réalistes. C’est également un acte qui remet le travail de la main au coeur du projet d’architecture. Il ne s’agit pas de prôner une pratique de l’architecture essentiellement low tech, la fabrication numérique et la représentation numérique étant des outils que nous prenons régulièrement en main. Il s’agit néanmoins de prôner une pratique qui se construit par l’expérience, l’échange, l’observation, le mimétisme et l’attention à l’autre ; en mettant le corps à l’épreuve de l’effort, de l’apprentissage de savoir-faire variés, et du temps indispensable au travail de la matière.

Aussi, le temps du chantier est un élément structurant de notre pratique, c’est un moment de cohésion pour les membres de collectif, d’ouverture et de partage de l’acte de construire, de convivialité et d’un brassage de connaissances entre concepteurs et futurs usagers.

Travail de la matière, de l’impensé, du réemploi

De plus face à l’univers de l’architecture et de la construction régi par des logiques d’immédiateté, de surconsommation des ressources et du tout jetable, le collectif s’attache à mener une démarche de réemploi et de détournement. L’Atelier, qui permet notamment le stockage de matériaux, est essentiel dans le mise en oeuvre de ce processus. La valorisation, par le design, de matériaux inutilisés, inconsidérés ou destinés à être jetés, provenant entre autre du milieu de la construction, est un des fondements de notre travail. 

Renouveler sans cesse notre approche des matériaux nous pousse à trouver des réponses nouvelles et à transformer les contraintes en solutions créatives. Mettre en oeuvre des matériaux ou des trouvailles diverses hors de leurs fonctions d’origines, à des endroits où l’on ne les attend pas, en les assemblant de manière inattendue, nous pousse à jouer et questionner avec le langage architectural qui fait notre quotidien.